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 [Fictions] Meski

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Meski
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MessageSujet: [Fictions] Meski   Sam 28 Avr - 23:06

Après tout, pourquoi sommes nous toutes là ? [quand on y est ??] Smile

J'vous propose de mettre ici toutes vos fics, comme on le faisait l'été passé, sur l'autre forum.
de préférence en un seul post, ou en plusieurs, si c'est vraiment long.

je pense pas qu'un topic par fic soit nécessaire, on voit ce que ça donne...

pour ça on crée un autre topic [blabla sur les fics] où chacune dit ce qu'elle pense des fics, donne son avis, conseille, commente ect...

idée du topic en collaboration avec Flow !


voilà, bon postage les gens...


Dernière édition par le Sam 28 Avr - 23:16, édité 2 fois
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Meski
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Sam 28 Avr - 23:13

wai je sais je double poste, pas temps pis, floodons...


Bon j'commence le truc, hein... j'postes mes one-shoots :



Punitions

Elle rouvrit enfin les yeux.
Elle était allongée à ma même le sol d'une pièce qui se trouvait être très sombre.
Elle se redressa sur un coude pour se repérer un peu.
Elle était dans sa chambre.
Comment y était elle parvenue déjà ?
Ses yeux tombèrent sur des dizaines de papiers éparpillés ça et là dans la pièces.
Elle les compta consciencieusement et leur nombre lui vrilla l'esprit.
43.
43 paquets.
Vides.
Elle l'avait encore fait.
Elle s'en voulait d'avoir encore faillit à la promesses qu'elle c'était faite.
Elle lança un regard vaseux dans la pièce, elle était seule.
Elle avait donc dut faire ça, seule.
Elle détacha son bras, raidi par une longue durée d'immobilité, d'autour de ses jambes et se mit assise.
Sa gorge la brûlait et sa bouche était pateuse presque rèche, comme à chaque fois que ça lui arrivait.
Elle avait mal au ventre et l'impression d'être énorme, sale, dégoutante.
Repoussante et obèse.
Ses jambes accusaient le coup de leur nuit sur le plancher froid, recroquevillées contre son torse, mais elles la soutenaient encore.
C'est donc difficilement qu'elle se mit debout et qu'elle tituba jusqu'à la porte de sa chambre.
Elle capta sans vraiment le vouloir l'heure sur une horloge dans sa chambre.
2h45.
Cela expliquait donc la noirceur de la pièce mais pas tout ce qui était par terre.
Lentement, comme marchant au ralentit, elle prit le chemin de la salle de bain.
Le léger tissu qui l'habillait glissa au sol, à peine la porte vérrouillée, et elle grimpa dans la baignoire.
Comme par automatisme, elle ouvrit le robinet de l'eau chaude à fond, et ne fit couler qu'un mince filet d'eau froide.
Puis elle fit lentement remonter le jet bouillant le long de ses jambes.
Au début, elle sentit la morsure même de chaque goutte d'eau sur sa peau.
Comme un millier d'aiguilles qui se plantaient dans son épiderme simultanément.
Puis au fur et à mesure que l'eau coulait, la morsure se répandit à tout son corps et devint presque supportable.
Elle dépassa ses jambes, s'attarda sur son ventre et s'arréta à sa poitrine.
Son dos était encore bloqué et frais du plancher de sa chambre, la douleur n'en serait que plus intense.
Elle remonta rapidement le jet et le passa par dessus son épaule.
L'eau bouillante dégoulina le long de son dos, lui mordit chaque parcelle de sa peau.
Elle aurait pris une douche de lave que ça aurait pu être plus agréable.
Elle se mordit les lèvres pour ne pas reculer le jet, et se délivrer de ce supplice.
Mais c'était SA punition.
Pour s'être désobéi.
Pour avoir failli.
Encore.
Elle continua donc.
Repoussant ses limites au plus loin, elle arréta complétement l'eau froide pour ne garder que l'eau chaude 'pure'.
Elle sentit distinctement l'augmentation de la température et elle ferma les yeux.
Cette fois, elle commença à haleter, les larmes coulant seule sur ses joues sans qu'elle ne puisse rien y faire, son dos devenant de plus en plus rouge, de plus en plus douloureux.
Elle... Avait ... Faillit...... Elle... Devait... Continuer.
Mais cette fois la douleur ne s'estompa pas.
Pas une seule seconde.
Tout son corps était à présent presque rouge vif, douloureux, brûlant.
Secoué de tremblement incontrolable.
Elle avait mal.
Très mal.
Sûrement trop.
Mais elle le méritait.
Au bout d'un moment qu'elle ne sut pas déterminer, elle repoussa le pommeau de la douche et stoppa l'eau.
Ses jambes douloureuses et flageollantes la portèrent jusqu'à son peignoir, qu'elle enfila en grimaçant, le tissu pourtant doux, erraflant sa peau devenu trop sensible par la chaleur.
Elle se trainât jusqu'à sa chambre et s'écroula sur son lit, à bout de soufffle, exténuée.
Elle chercha son réveil des yeux.
3h27.
Elle avait passé près de trois quart d'heure sous la douche.
Sous le jet bouillant.
Et ne se sentait pas mieux.
Bien au contraire.
Non seulement son ventre menaçait d'imploser, mais en plus le moindre de ses mouvements lui arrachait un gémissement de douleur.
Sa peau était presque à vif, comme brûlée par cette douche.
Elle s'interdisait de gémir.
De pleurer.
De souffrir même.
Ne l'avait-elle pas mérité ?
Ce n'était que justice !
Les minutes passèrent comme des secondes.
Les heures comme un battements d'ailes.
La porte s'ouvrit avec fracas.
" Alors comme ça, c'est là que tu te terrais toute la soirée."
Il n'aurais jamais dut entrer.
Elle n'aurait jamais dut être dans cet état comateux qui suivait toujours ces éxcès.
Elle ne bougeait pas.
De toute façon elle n'en avait ni la force ni l'envie et encore moins conscience de ce qu'il se passe.
Il beugla son horreur.
Son erreur faite humaine.
Elle.
"Qu'est ce que tu as encore fait, hein ?"
Il attrapa une poignée de ses cheveux emmêlès et la força à se relever.
Elle ne broncha pas.
Tout juste si elle sentit son crâne l'élancer brutalement.
"Tu comptes rester amorphe comme ça encore lontemps ?"
Il cracha son venin.
Elle n'en peouvait déjà plus.
Elle ne s'aimait pas.
Il ne l'aimait plus.
S'il la déjà aimé.
Alors à quoi bon ?
Oui elle comptait rester amorphe jusqu'à en crever, si elle le peut !
" Pourquoi tu as encore fais ça ?" finit-il par lui vomir à l'oreille, en jettant un regard haineux à la pièce.
Qu'est-ce qu'elle en savait ?
Elle ne s'en souviennait même plus de toute façon.
Elle émit un bruit gutural, entre le grognement et le gémissement, alors qu'il lâchait sa chevelure de barbie atrophiée pour lui broyer le bras gauche.
Il la secoua.
La déshabillant par la même occasion.
Elle n'avait que son peignoire.
Et il ne lui fallait pas grand chose pour qu'il s'en aille.
Découvrant son corps mutilé.
Détruit par de multiples mutilations.
Désséché par les douches brûlantes à répétitions.
Sa punition 'préférée'.
La plus douloureuse qu'elle connaisse.
Bien plus que les pauvre marques qu'elle s'infligeait autrefois sur les bras, sur le corps.
Petites douleurs ponctuelles.
Petits résidus de blessures quand tout son corps réclamait grâce.
Elle ne pouvait pas dire qu'elle aimait, c'était résolument faux.
Simplement cela lui plaisait.
Il hurlait à présent.
Il la secouait.
Mais déjà elle ne l'écoutait plus.
Elle vagabondait loin de son corps qu'il allait bientot martyrisé.
Loin de son visage qu'il allait battre.
De son ventre qu'il emplirait de coups.
Cette douleur là l'effrayait.
Elle en avait peur, car elle ne contrôlait rien.
Elle ne le contrôlait pas lui.
Et rien ne justifiait de telles souffrances.
Dans ces moments là.
Sa tête résonnait des paroles d'une chanson qu'elle aimait tant.
Qu'elle croyait écrite pour elle.
Les paroles lui parlait.
Vergessene Kinder.
Enfant oubliés.
Elle en était une.
On l'avait oublié.
Pas Lui.
Mais les autres.
Ceux d'avant.
Ceux qui avaient voulu lui faire croire qu'elle était quelqu'un.
Cexu qui s'étaient effrayés de la voir sombrer avec Lui.
De la voir s'enfoncer dans sa douleur.
Dans ce cycle infernal, ce cercle viscieux, qui la brisait à l'intérieur.
Anorexie.
Boulimie.
Elle ne s'aimait pas.
Personne ne lui avait appris à s'aimer.
Elle avait cru, éspéré, follement éspéré qu'avec Lui tout serait différent.
Les autres n'avair rien dit.
Elle se faisait du mal.
Elle s'abimait pour on ne sait qu'elles raisons.
Autant qu'elle parte.
Lui.
Lui, il n'avait pas cherché à la comprendre.
Il la voulait juste sienne.
Vergessene Kinder.
Elle n'avait que 16 ans et toute cette vie devant elle.




GROU[iiii]E :

Elles hurlèrent de nouveau, devant leur télé.
C'était une certitude, il voulait juste les rendre folle.
Les trois amies étaient agglutinées devant leur écran, les yeux rivés sur les sillouhettes filiformes qui s'y trouvaient.
Ce soir était un grand soir.
D'une elles avaient pour une fois une maison pour elles seules.
De deux ils passaient à la télé.
Et de Trois ILS passaient à la télé.
Les images étaient évidement enregistrées pour être par la suite revisionner un nombre incalculables de fois, décrypter dans les moindre détails et commenter jusqu'à en perdre la voix.
L'une des trois, une rousse plus que ronde que pulpeuse gloussa.
" Sa main !! SA MAIIIN !! Regardez ! Mais regardez où il la met !!".
" Kyaaaa !" gémirent les deux autres.
Les paroles au bout des lèvres, les larmes au coins des yeux, elles étaient de tout coeur avec lui.
De tous leur musles, de toutes leur âme, de tout leur être.
La chansons s'arréta bien trop vite à leur goût et les cris qui gagnaient la foule à l'intérieur de l'écran se propageèrent à nos trois complices qui frisaient presque l'hystérie en ce moment.
Imaginez donc, elles les avaient vu en Laïveuh !!!
" Ho mon dieu ! Ho mon dieu ! Ho mon diieeeeu !!" plasmodiait l'une d'elle, une grande brune déguingandée, en serrant contre son coeur son coussin à l'éffigie du groupe.
Les deux autres, dans les bras l'une de l'autre dévoraient la télévision à en baver tout en sautant comme des puces sur le canapé.
" Ca y'est, ils sont partis," gémit celle qui n'avait pas encore parlé, une petite blonde aux mèches roses.
" Mais rembobine et remet le viiiite" clapit la rousse, en se jettant sur le pop corn qui trônait sur la table.
" Oui oui ouiiiiii !!!" aquiesça la grande perche brune " encoooooooooore !!".
Les doigts tremblants d'exitations la petite blonde s'exécuta, puis elle bondit sur le canapé se caser entre ses deux amies et appuya sur <<play>>.
Elles ne virent d'abord que le présentateur qui baragouinnait en allemand, puis " Tokio Hotel mit Rette mich".
Nouveau concert de cris dans comme hors de l'appareil.
" Sa maiiiiin ! Reg...Le... Le... Le... Le... LE micro... Sa ma... HIIIIIIIIIIIIIIIII !!!" bégayait la plus ronde des trois en suivant le trajet de la main vernis de noir le long du support du micro.
" Haaaan sa bouche.... Hummm... Sa laaangue.... Avec le .... hummmm." saliva la petite blonde en secouant sa chevelure de blé, l'une des coins de ses lèvres trop glossée coincé entre ses dents.
" Mais ce type c'est un sex appeal de premier choix" assura la brune les yeux perdu dans la contemplation béate mais ô combien passionnante du chanteur.
La rousse s'arracha deux secondes de l'écran pour plongé ses pupilles dilatées vers sa voisine.
" Sexe à pile ???" fit-elle dans une moue idiote.
La brune secoua la tête frénétiquement, incapable de défaire les sien de son apparition quasi divine.
la blonde se remit à couiner " Regaaaaaarde !! Il le refaiiit !! Sa main, LA !!! Tu as vu ?? Tu as vu ??? Tu as vu ???"
Et la brune de grogner " Mais qu'est-ce qu'on s'en fout de la foule où des autres clanpins à la musique, c'est lui qu'on veut voiiir !!! Haaa ! "
La rousse ne s'en était toujours pas remis.
" Sexe à pile ?"
" Oui oui, sex appeal !!"
" Tu as vu comme il arrète pas de passer sa main sur son corps" badinna la petite blonde, une sourire pervers cloué aux lèvres "on dirait qu'il se caresse..."
Les trois amies gloussèrent, incapable de se détacher de l'écran.
La rousse était cependant soucieuse.
" Alors pour toi, Bill c'est juste un god..."
L'asperge hoqueta de stupeur et tordit son cou de girafe pour dévisager son amie.
" Quoiiii ??" cracha-t-elle, sétranglant à moitié
" Miaaaouuuuuu... Rrrrrrrrrrrr...." fit la petite blonde en s'approchant à quatre pattes de l'écran, complétement inconsciente de l'incompréhenssion qui unissait ses deux amies.
" Sexe à pile. Bill est juste un god pour toi" se renfrogna la rousse "un joli god mais c'est tout, hein ?"
La brune la regarda fixement sans comprendre, les sourcils froncés, tentant de comprendre où et quand elle avait pu avancer un truc pareil, pendant que la blondinette était à deux doigts de lécher l'écran de la télé.
Puis l'étincelle se fit
" Haa ! Sex appeal... Pas sexe à pile !!!"
Même la blonde cessa de se trémousser devant son écran pour regarder sa girafe de copine.
" J'vois pas bien la nuance...." lacha la rousse.
" De toute façon, à pile ou pas, Bill c'est..."
" Mais y'a pas d'histoire de pile !!" s'insurgea la brunette.
Inconsciement, la blonde se saisit de la télécommande et arréta l'image, sur un très sympathique gros pla, d'une pancarte quelquonque.
"Bill est le type le plus orgasmique que j'ai jamais vu OK ?" grinça-t-elle, visiblement énervée.
Ses deux amies hochèrennt la tête, déspérées par l'arrêt des images " Et il est A moi" acheva la groupie dans un sourire diabolique.

Le lendemain, aux informations locales, la présentatrice télé prit son visage de circonstance pour annoncer que trois adolescentes de 13 ans s'étaient battues à mort dans une villa du sud de la ville. " On ignore encore les raisons de cet étrange carnage mais tout porte à croire qu'une querelles mal tournée serait en cause. On murmure d'ailleurs qu'un groupe très en vogue en ce moment, en serait à l'origine..."
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Meski
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Sam 28 Avr - 23:15

et juste celle là parce qu'elle voulait pas rentrer dans l'autre poste...




Meeting :

[un rien plus long qu'un one-shoot normal)

Je l'avais enfin gagné cette maudite rencontre dont j'avais tant rêvé.
Des mois et des mois que je l'attendais.
Que je faisais tout les concours que je pouvais, que ce soit aux radios, dans les magasines, pour la télé.
Mais rien n'y faisait.
Six mois que je m'entêtais.
Putain mais je voulais les voir, merde !
J'en voyais d'autres, sur les photos, les vidéos, qui les rencontraient, tout sourires, trop sympa...
Comme je les immaginais.
Les Tokio Hotel ne pouvait qu'être des gars adorables, c'était même pas possible autrement quoi !
Alors forcément, j'y croyais plus trop.
Mais quand mon 'bénis' téléphone a sonné ce jour là, quand j'ai décroché et que j'ai compris.
J'ai pas pu me retenir.
J'ai hurlé, hurlé à m'en péter les cordes vocales !
Putain mais j'allais pouvoir les voir !!!
Il m'a falu plus de deux semaines pour choisir avec préscision ce que j'allais porter, ce que j'allais dire, ce que que j'allais emporter avec moi pour être signé ou même juste touché.
C'était que du bonheur.

Le jour J est arrivé presque trop tôt à mon goût, j'étais sur d'avoir tout préparé, mais j'avais peur de me planter.
Ca m'arrive trop souvent.
Tu trébuches, ou même tu te rétames, tu bredouilles comme une grand-mère sans dentier...
Réflexion faites c'était l'horreur.
Devant la radio où j'allais, enfin, les voir, il y avait une masse de gens hallucinante.
Ca criait, ça pleurait, ça gueulait de partout.
J'ai souris.
J'ai même failli hurler "Z'êtes con,c 'est moi qu'ils viennent voir" mais ça aurait pas été sympa pour eux, sérieux, depuis quand ils attendaient dehors, dans le froid pour les entrapercevoir alors que moi j'allais entrer, les voir et leur parler.
Donc j'ai souris et je suis allé dans le studio où ils devaient venir.
On m'a fait poireauter je sais pas combien d'heures, enfin ça m'a semblé être des heures, et puis ils sont arrivée.
Les filles devant moi se sont bousculées pour etre LA première à leur parler.
J'ai attendu derrière, en souriant d'une façon on ne peut plus niaise et débile.
Quand Bill m'a vu son sourire s'est figé, fendillé, fissuré même.
J'ai vu ses yeux s'agrandirent.
De peur ?
D'effrois ?
Je sais pas.
Je me suis regardé de la tête au pieds, alors que le silence c'est fait dans la pièce.
Chaussures noirs, des Doc.
Jean évasé, très moulant.
T-shirt noir, avec une tête de mort rouge, le même que dans le clip "REtte Mich".
Un veste en cuir au dessus.
Evidement, j'avais mon lot de chaines, bracelet, bagues et ceintures cloutée et mes ongles en noir et blanc.
j'avais vérifié mes yeux, entouré de noir, plusieurs fois avant qu'ils arrivent, ça avait pas du bouger.
J'ai machinalement passé ma mains dans mes cheveux, en pétard artistement trèèès décoiffé, et j'ai jeté un coup d'oeil vers eux.
Ma langue et mon piercing sont passé sur mes lèvres, ce qui a agrandit la taille de ses yeux, il allait se faire du mal à me reluquer comme ça.
J'ai entendu Bill annôner en allemand "C'est quoi ça ?" tout en me fixant avec sa gueule d'ahuris.
La bouche grande ouverte, j'lui voyais les amidales !
Mais quoiiii ?
Y'a quelques chose qui va pas ?
J'ai oublié un truc ?
Nouveau coup d'oeil global.
Bah... Non... J'ai tout.
Sa voix a de nouveau retentit, chevrotante et déformé comme jamais," C'est un... gars ???" avant d'être couverte par les éclats de rires de Tom, Georg, Gustav et aussi David, plus pas mal d'autres des gens présent dans la salle.
J'ai vaguement entedu le guitariste hennir un " La panoplie complète !" avant de partir en courant, et en claquant la porte, s'il vous plait.
C'est bien un gars lui, non ?
Comme si j'avais pas le droit, quoi !
Et bah oui.

J'suis un gars.
Pauvres mecs.
Moi qui les croyais mieux que ça.
Pauvre con.
C'est des 'staâar', z'en ont rien à foutre de ta gueule tant que tu dépenses des tunes pour eux le reste ils s'en tamponnent le coquillard, pour être vulgaire.
J'étais partie comme une furie, j'avais même plus envie de les voir.
Jamais !
Ha ça, j'étais dégouté !
Mais merde quoi !
J'l'ai même pas entendu me suivre, c'est quand il m'a chopé et mis face à lui que j'ai tilté.
Et vas-y qu'il me baragouinne en allemand, genre tout désolé et tout.
Mais va te pendre, sérieux, j'vois plus que ça pour te sauver la mise !
C'est décidé j'te hais !
"Entschulidigung mich."
Na j't'excuse pas !
J'sais même pas pourquoi j'aimais ce que tu faisais !
" J'suis désolé. j'J'aurais pas du réagir comme ça..."
Sans déconner !!!
" Tu m'as surpris, faut me comprendre !"
Wai t'as raison j'vais pleurer pour toi, aussi.
" J'suis pas une fille, hein ! Forcément, TON look, ne va QU'à TOI et les autres c'est de la merde avec !"
Prends toi ça dans les dents, diva d'mes deux.
Nan mais franchement.
Qu'est-ce que je croyais ?
Que j'allais m'en faire des super potes ??
" Heu... Non... Enfin si... Mais noon ! Scheisse !"
Hého reste poli quoi !
Et vas-y qu'il pose ses mains sur mes épaules et qu'il me plante ses prunelles dans les yeux.
" Je suis désolé je n'ai pas l'habitude que des... Gars soient.. Habillé comme... Moi. Tu m'as... Surpris.... Ne... Le prend pas mal !"
Bah putain, t'as de sacré problèmes d'élocution toi.
Tu devrais voir un orthophoniste, vu que t'es une staâar, vaut mieux pour ta gueule.
"Que je ne le prenne pas mal ?? Mais j'halluciiiiiiiiiiiiiine !! Tu... Tu... Rhaaaaaaaa !"
Mais lâche moi !!
nan j'suis pas fou.
Ou si.
Si plutot je suis fou... De rage !
"Pourquoi tu es habillé comme moi ?"
T'as posé un copyright sur tes fringues ou quoi ?
Tu veux vraiment savoir ?
"J'ai lu un jour que ça te faisait... Heum... Que tu trouvais ça fun de voir des minis-Bills et des mini-Toms à tes concerts. J'trouvais juste ton look sympa, original. Mais s'il faut la mentalité de con qui va avec, non merci j'vais changer pas mal de trucs. Tout compte fait, j'veux pas être comme toi !"
Il a ouvert sa bouche touuute grande, genre jeune pucelle effarouchée, limit' les larmes aux yeux, j'ai une fois de plus eu une vue plooongeaaaante sur ses amidales.
A cette distance, j'aurais même vu plus loin, si j'avais voulu.
Je l'ai repoussé, un peu brutalement certes, mais il me tapait sur le système là, sérieux, et je suis partis.
Du moins j'essaye.
Mon ex-modèle me colle au basque m'abreuvant d'excuse maladroite et plus chiante les unes que les autres.
J'allais, ENFIN, atteindre les escaliers qui me mèneraient loin d'eux, de lui surtout quand à retentit à l'autre bout du studio, un "BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILL !!"
Non pas strident et groupiesque mais du genre caverneux et rappel à l'ordre.
Ni une ni deux le pot de glue androgyne, gringalet qui plus est, me chope par le bras et me traine jusqu'au studio que j'ai quitté en colère.
Putain mai il serait presque costaud l'autre.
On entre de la pièce, tout du moins il m'y jette et referme la porte.
j'ai droit aux sourires goguenard des trois autres membres du groupes, à des gloussements mals dissimulés ou des regards noirs des cinqus filles qui ont gagné.
Tom s'approche de moi et me sourit, de ce sourire en coin que j'ai, à une époque qui me semble de plus en plus lointaine, trouvé marrant. Il a une question à me poser, mais il hésite.
C'est nouveau ça.
"Tu parles allemand ?"
Et c'est pour ça qu'il se dandinne d'un pied sur l'autre depuis une plombe, comme s'il voulait aller aux chiottes.
Hé beh, j'vous jure les neurones...
" Jaaaa !"
Il sourit et ouvre la bouche...
Une mini groupie rayée rouge/noir/rose/violet, peinturlurée à la gouache s'interpose et quémande une phot avec lui, battemants de cils à te faire un ouragan à l'appui.
Le guitariste hésite mais elle le supplis du regard et insiste à lui broyer le bras, en piétinant comme une gosse.
Donc forcément il abidque et s'éloigne pour faire ça photo.
bref j'me retrouve comme un con au beau millieu d'une pièce où pplus personne ne m'interesse ni ne m'interpelle.
Pourquoi je reste déjà ?
Dire que j'avais plein de questions...
Que j'étais tout éxité de leur parler en face, de les voir et tout.
Je jette une regard circulaire.
Tom à une filles sur cahque bras, il a l'air bien co... Coincé !
Bill est pris dans une discussion animé entre la traductricce, David, et le type de la radio.
A ce que je filtre, il passe un sale quart d'heure, du moins je le lui souhaite, mais il al'air d'avoir di répondant.
Pour tout dire, il est loin de ce laisser faire.
Limit il mordrait...
Bref.
Je continus mon tour de la salle.
Une fille est aggrippée à Georg comme une fruit trop mûre et c'est loin de lui plaire, au bassite.
Et les deux dernière sont collé à Gustav en jettant des regard déspéré à l'un ou l'autre des jumeaux.
En gros j'ai l'air d'un con planté au millieu à rien faire.
Au moment où je m'éclipsait 'discrètement' vers la porte, la main de Tom chope la mienne, au grand dam de ses demoiselles.
"Dit heum... Tu... Tu enfin... T'es..."
Et bah dis dooonc il est aussi loquace que son androgyne casse couile de frangin lui.
" Ja ?"
Pas que je perde patience mais presque, accouche !
" T'es au courant que... heum... Bill est... Il... Il... Préfère les filles."
Il me prend juste pour un con là, non ?
" Ja."
Et vas'y qu'il se remet à se dandiner.
" Et que nous aussi."
Attendez une minute.
Il va quand même pas.. oser ?
"Non parce que... heum... On a rien contre toi mais... On... On a rien pour toi tu comprends ?"
J'ai même pas vu mon poing partir.
Juste Tom s'affaler par terre comme un gros sac et les filles hurler à la mort.
Je me suis retourné d'un bloc et j'ai foncé sur la porte.
Trop c'était trop.
Y'a des limites à pas dépassé mais alors là.
J'ai vu du coin de l'oeil les trois quart de la pièce, exépté les GG et Bill, me foudroyer d'un regard noir encre.
Théâtrâlement j'ai craché un " Et non, Tooom, je ne suis pas pédé !" avant de claquer la porte.
J'ai entendu jurer derrière la porte tandis que je parcourrais le couloir, une nouvelle fois, à vive allure.
J'ai également entendus les filles glapirent comme des renards blessés en s'approchant de l'autre crétin par terre, à n'en pas douter.
La porte s'est ouverte avec fracas et des pas précipités ont résonné dans le couloir.
" Hé !"
Rien à foutre !
Ce groupe, ces gars sont rayés à jamais de ma mémoire.
Ils n'existent plus !
" Hééééééééééé !! Warte *!!" *attends !
Né, j'attendrais pas.
Les pas ses sont fait plus nombreux, alors que j'abordais les escaliers. Mais une fois encore, j'ai juste pu effleurer la première marche que, déjà, pas moins de quatres m'ont soulevé, retourné et posé face aux GG et à la Diva.
Ils étaient 'essouflées', du moins ils respiraient fort.
pauvres petites natures.
une si looongue course dans le couloir.
Une lueur d'amusement flottaient dans leur prunelles.
Ostensiblement, j'ai attaché ma crinière en pétard en une queue de cheval, sans doute informe et ignoble, ne serait-ce que pour me différencier de l'autre.
" Pourquoi t'as fait ça ?"
La question est sortis des trois bouches en même temps.
Plus synchronisé tu meurs.
" Warum nicht ?*" *pourquoi pas ?
J'aime ce genre de réponse.
Très conne.
Mais dont tu sais pas quoi foutre quand c'est à toi que s'est adressé.
Les trois zigotos ce sont regardés bizzarement.
M'ont une nouvelle fois reluqué de manière tout aussi poussé et bizzare, comme si j'étais la chose la plus étrange et louche qu'ils avaient jamais vue.
Puis Gustav a laché
" Tu l'as foutu KO !"
Hé bah tant pis.
Ca lui apprendra à ce Don Juan de mes deux à me traité de PD.
Je suis on ne peut plus hétéro !
Il pense que sont frère est homo ou quoi ?
Après tout j'lui ressemble, du moins j'ai essayé.
" Er macht mir fertig *!"*ici: il me soule
Nouvelles lueurs bizzaroïdes dans leur yeux.
J'aime pas ça.
Sur ce, j'ai donc négligement repoussé le bassiste et j'ai enfin desendu...
Deux marches !
Georgrm'a de nouveau chopé et reposé au millieu d'eux comme si je ne pesait pas plus lourd qu'une plume, ou à peine plus.
" Tu ne veux pas faire des photos, ou l'interview ou rester un peu avec nous ," a babiller la Diva d'un air triste.
Hé bah naaan !
Vous me taper sur le système avec vos allures de rock star de cours de récré, votre staff de baby-sitter et toutes vos manières de demoiselles d'honneur.
J'aimais votre musique.
A la rigueur, j'aime toujours.
Mais tout ce qui faisait que j'avais un peu d'estime pour vous à volé en éclats en trois minutes.
Mais vas-y pour balancer ça en allemand.
J'ai un allemand scolaire, j'sais dire des phrase basiques.
Poit barre.
On va doonc faire ça simple, court et conscis.
" Nein"


J'peux pas plus explicite.
Ils ont eut l'ait déçu.
Gustav s'est détourné dans une moue presque boudeuse.
Mais j'suis pas sure d'avoir saisi la nuance.
Il tire tourjours la gueule lui.
Georg aussi, non sans coller un méchant taquet à Bill.
Taquet qui lui a fait perdre l'équilibre.
Et juché sur ses talons, il a pas retrouvé l'équilibre.
Sa tête est partis en avant.
Il a trop de truc dedans faut croire.
Comme au ralentit, dans les dessins animés, je l'ai vu ouvrir de grand yeux.
ET...
Il m'est tombé dessu.
Emporté par son élan ont a basculé dans l'escalier.
Quel idées de me coller pile devant l'escalier aussi.
J'ai sentit chaque arrètes dans mon dos, le poids de Bill aidant, on a dégringolé une bonne partie de l'escalier en un temps record.
Quelques choses comme une trentaine de marches, vue le nombre de fois où ma tête à rebondis.
Naturellement j'ai pensé à fermer les yeux.
D'une pour pas le voir.
De deux parce que j'avais mal.
J'avais un truc humide et chaud sur le visage, je souhaitais juste que ce soit pas du sang.
J'ai pris une bonne vingtaine de secondes pour reprendre mes esprit.
Quand j'ai rouvert les yeux, la bouche de Bill était sur la mienne, ses jambes quelques part aux milleu des miennes, en bas de l'escalier, avec les reste de ma colone vertébrale, sans doute.
Il a réagit en deux seondes, s'écartant de moi comme si je le brûlait, alors que les GG descendaient aux pas de charge les marches que j'avais parcouru sur le dos.
Si j'regarde, j'dois avoir le compte en jolies marques violacées.
Gé-ni-al !
J'ai toujours rêvé de me déguisé en zèbre.
Les voilà qui relèvent Bill, le 'recoiffent', l'époussettent, lui papillonnent autour commes des mères affolées.
Non ne vous inquiétez pas pour moi, hein.
Les marches sont trèèès confortables.
Surtout à l'arrêt.
J'vous jure !
Georg me jette enfin un regard et se précipite pour m'aider, à me relever.
J'ai le dos en compote et la tête qui sonne comme la cloche d'une église, donc l'opération à a dut me prendre une bonne minute.
C'est marrant, y'a tout qui tourne.
Les sons, la pièces, ma tête.
" Geth's ? Wie geth es dir ??" postitonne gerog paniqué * ça va ? Est-ce que ça va ?
Je le repousse.
" Ja ja ja."
D'un pas très peu assuré et clauquediquant d'invrogne, je descend les dernières marches, debout et je gagne la sortie.
Les filles dehors m'acueillent en beuglant commes des furie.
Puis elles semblent réaliser que je ne suis pas Bill, LEUR Bill, donc j'me fait huer.
Mais j'm'en fous.
J'quitte la rue et regagne mon chez moi en boîtant, tel un rescapé de guerre qui a perdu une jambe, la moitié de ses reins et sa cervelle avec. C'est peut être pour ça que j'souris comme une crétin.
Ha non !
Ca me revient.
Les filles qui hurlent.
Je sais ce qu'elles attendent.
Mais elles auront QUE des autographes et des photos.
Moi au moins, Bill m'a embrassé...

Ou presque...


FIN
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Meski
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Dim 29 Avr - 12:34

Ses Ailes :

La tête lui tournait.
La pièce elle-même semblait douée d'un quelquonque souffle de vie et s'agitait au rythme plus ou moins aléatoire qui la balayait.
Battements de coeur, respirations rauques, gémissements...
Il fallait qu'il sorte.
Il n'en pouvait plus.
Il en avait eu bien assez.
C'était plus qu'il ne pourrait jamais en ingurgiter de toute sa vie.
Le sol ondulait paressement, se balançait de gauche à droite, cherchant à tout pris à ce qu'il chute.
Titubant comme il pouvait, il quitta l'endroit infâme où il avait échoué.
Le froid extérieur le surpris à peine.
la brume de son cerveau s'en foutait pas mal du vent glacé, de la pluie fine et insidieuse et de la nuit noires.
Ses pieds piochaient au hasard un coin de sol potable pour se poser, l'un après l'autre.
Sans but, sans chemin.
Sans même savoir pourquoi.
Il avançait encore.
C'était déjà trop.
Trop pour lui.
Ses genoux rencontrèrent le sol.
Un peu trop rapidement et brusquement, lui arrachant un étrange grognement dans lequel se mêlait détresse, tristesse et mécontentement.
Pourtant.
Il avait ce sourire béat qui ne lui allait pas du tout.
Ses yeux pétillaient, comme habités par un million de paillettes.
Non pas de malice, mais peut être d'autre chose de plus sombre, une éspèce de transe dans laquelle il s'enferrait et qui l'enivrait.
Ses mains poussèrent des choses durs autour de lui, le monde recouvrit un équilibre précaire et il retrouva une position vertical.
Plus fort que jamais, les roulis du sol lui donnaient une démarche pataude, gauche et il luttait encore pour trainer ses pieds d'un pas à l'autre.
L'espace d'un instant l'image d'un bateau tanguant sous la houle d'une puissante tempête, lui traversa l'esprit.
Il entendit un rire, et un fracas étrange, sourd, brusque où se mêlait bruit de chute et geignement essouflés.
Soudainement le sol gris céda sa place à un ciel grisonnant, blafardement illuminée d'une lune pâle et à demie croquée.
Il était tombé.
En arrière.
Sa tête avait prit un coup.
Un sérieux coup d'ailleurs.
Mais dans l'euphorie qui l'habitait, une simple sensation de picotement, certes vivace et tenace, perdurait dans son crâne.
Ce n'était pas important, cette petite douleur, insignifiante.
Il ne sentait rien.
Il ne ressentait rien.
Il ne ressentait plus rien.
Ni le froid, ni la pluie qui trempait peu à peu chacune des parcelles de son corps, couvert ou non, ni cette entêtante impression de perdre pieds à chaque inspiration.
Alors ça...
Il tendit les bras en riant comme un dément, comblé par sa propre chute, enivré de ne rien ressentir, sa morphine naaturelle coulant à flot continu dans le moindre de ses vaisseaux.
Ses paumes grandes ouvertes fauchèrent l'air glacé autour de lui, il entrelaça ses doigts aux fines gouttes de pluies glaciales, balançant ses bras gourds de gauche à droite.
Rien.
Il n'y avait rien.
Et il était seul.
Ses bras retombèrent d'eux même.
La marionnette ne tenait décidément plus debout.
On lui avait coupé les fils.
Il ria à la comparaison.
De l'eau plein les yeux.
Coupé...
Un brusque gémissement étrangla son rire en secouant son corps transit de froid pour jaillir de ses lèvres entrouvertes.
Instinctivement ses bras cherchèrent ses jambes.
Nouant maladroitement ses doigts gelés de part et d'autres de ses genoux repliées, il roula sur le flanc en gémissant à nouveau.
Coupé...
Coupé...
Il se balança lentement d'avant en arrière, comme il l'aurait s'il avait pu être assis sur un quelquonque siège à bascule.
Cette fois, le froid s'engouffra dans son pantalon détrempé, s'insinua sous son t-shirt déchiré, taché, glacé.
Il frissonna.
Il avait toujours son sourire, mais ses yeux étaient mornes et vides maintenant.
Plus la moindre étincelles de cette gaitée sauvage, fugace, qui l'animait encore peu avant.
Il souffla un trop plein d'air, opprimé dans ses poumons douloureux, pour libérer un peu de l'impressionnante pression qui le rongeait.
Son gémissement se mua en un mélodie hasardeuse, rompue à certains moment par sa respiration haletante et presque sifflante.
Doucettement, une comptine lui vient aux lèvres.
Il la murmura tendrement, bercé par ses propres frissons, serrant contre lui ses genoux meurtris, comprimant son coeur gonflé à bloc à l'intérieur de son torse tremblant...
Comme si avait peur qu'il ne s'échappe ou qu'il n'implose...
Ses longues mèches noir jais se collaient à son visage, soulevées par le vent, allourdies par la pluies, elles répendaient encore plus son maquillage sombre sur ses joues d'ivoires.
D'autant plus, qu'il avait déjà coulé avant.
Formant de long sillons noirâtre, peu à peu estompés, étalés sur ses joues pâles comme une étrange fumée dans un ciel trop clair.
Il avait pleuré.
Et...
Il pleurait encore.
Il les sentait dégoulinées, le long de sa peau glacée par le vent, ces petites perles tièdes sans doute légèrement grises du noirs qui avait entouré ses yeux, à une époque.
Mais il ne trouvait pas...
Non.
Il ne trouvait plus la raisons de ces larmes.
Et de toute façon il ne voulait pas savoir.
Coupé...
Coupé...
Comme un leitmotiv, ce mot revenait s'imprimer dans son esprit embrumé, sitôt qu'il parvenait à le dissiper un tant soit peu.
Qu'avait-on coupé ?
Que lui avait-on coupé pour que cela l'atteigne à ce point là ?
Ses lèvres gercées et bleuies par le froid, marmonait à présent une autre chanson.
Tout aussi doucement.
Une chanson qu'il connaissait par coeur.
Pour l'avoir pensée.
Pour l'avoir écrite.
Chantée.
Chantée
Et chantée encore.
Seul.
Avec eux.
Avec Elles.
Devant un bon nombres de Elles.
Un trop grand nombres d'Elles aux visages hurlant, humides, défigurées.
Indénombrables.
Cela lui revenait par flash.
Il revoyait des visages criardes, tous très floues.
Et puis d'autres visages aimables, souriants, agréables.
Un visage en particulier que pourtant son esprit s'obtinait à lui cacher, à toujours effacer.
Un visage qui lui rappelais vaguement quelque chose.
Un peu trop de chose pour tout dire.
Peu à peu, sa transe le quitta.
Il était seul.
Hébété.
Trempé.
Seul.
Au beau mileu de nulle part.
Seul et à jamais seul.
Il savait ce qu'on avait coupé.
Il s'en souvenait maintenant.
Le visage dans ses souvenirs se fit plus net.
Encore plus net.
Comme s'il zoomait dessus pour le voir de plus prêt.
Il sourait.
D'un sourire franc, engageant.
Un rien charmeur.
Totalement magnifique.
Eblouissant.
Le visage recula un peu.
Il put le voir en entier.
Des yeux chocolat, pétillant de joie et de malice.
Une envie de croquer la vie à pleine dents, de montrer au monde de quoi il était capable.
De quoi ils étaient capables.
Il pouvait lire tout ça, rien que dans ses prunelles.
Au combien semblable aux siennes.
Il avait eu tant de fois tout le loisir de s'y plonger, de s'y perdre.
Parce qu'il ne pouvait lui mentir et que ses yeux lui disait toujours la vérité.
A cette pensée, son visage se tordit en un rictus qui aurait pu ressembler à un sourire.
Si cela avait été à un autre moment.
Ailleurs qu'au fond de cette ruelle crasseuse.
Ailleurs que sous cette pluie battante, balayant tout autour d'elle.
Il aurait sûrement apprécié.
Son rictus aurait sûrement pu être un sourire.
Son esprit s'évada de nouveau.
Le visage vieillit un peu.
Il n'avait plus 10 ans.
Peut être un peu plus.
Il se voyait comme dans son propre reflet.
Grandir.
Devenir autre.
Différent.
Sans jamais le laisser s'éloigner, lui glisser entre les doigts.
Ils avaient toujours tout fait ensemble.
Liés comme les doigts de la main...
Même à deux !
Le visage du jeune garçon changea de nouveau.
13 ans.
Et ce sourire toujours.
Si vrai.
Si sincère.
Presque pure.
Il prit encore quelques anées.
15.
17.
Assurément, il avait mûrit.
Quelques chose dans son regard avait changé.
Il savait des choses.
Il en avait vu.
Il en avait apprit.
Sans lui.
Mais il ne semblait plus si identique.
Comme si quelque chose c'était...
Brisé...
Brisé.
Un nouveau frisson, plus fort encore que les précédent, le bouleversa.
Tel un séisme il s'immiça jusqu'à dans les moindres parcelles de son corps frêle.
Ne l'épargnant même pas de ces multiples répliques.
Et le froid n'y était pour rien.
Une nouvelle image se superposa à cette avalanche de capture de ce visage et de sentiments étranges.
Il n'était plus souriant.
Ho ça non, il ne sourirait plus.
Ses pupilles étaient dilatées par on ne sait quelle peur qui lui déformait le visage.
Son si beau visage.
Il ne sourirait plus.
Il n'aurait plus ce regard rieur.
Plus jamais.
Un haut le coeur le prit.
L'arrachant à ses rêveries, comme au sol gluants et froid contre lequel il s'était étalé, il se retrouva à genoux, à rejeter tout ce qu'il n'aurait jamais pu songer un seul instant avoir avalé.
Plus jamais.
Il revit le visage souriant du petit garçon et aussitôt s'imprima sur sa rétine, comme appliquée au fer rouge, la dernière image.
La dernière image qu'il n'aurait jamais de lui.
On lui avait coupé les ailes.
On lui avait dérobé une partie de lui-même.
On lui avait volé son jumeau.
Sa moitié.
Son autre.
Son Tom.
Tout ce qui lui restait de consience tentait vainement de contenir le flot d'effroit qui emplissait de plus en plus de son esprit torturé.
La bataille était perdue d'avance.
Le visage.
Ce visage qu'il aimait tant.
Il l'avait perdu.
On lui avait arraché.
Et on avait voulu qu'il le voit.
Ses dernières forces l'abandonnèrent, alors que du fond de sa gorge, il vomit un hurlement déchirant, qui lui brisa le coeur et le libéra de ses ultimes entraves.
Il était...
Mort.
On lui avait arraché, massacré, piètiné le coeur.
Et tout cela suintait par ses yeux.
Son corps s'était remis debout.
Il ne savait même pas comment.
Ni pourquoi.
Il marchait.
Comme avant.
Automatiquement.
Sans but.
Sans envie.
Sans vie.
On les lui avaient arraché.
A coups de griffes.
A coups de dents.
Plume après plume, on lui avait arraché les ailes.
Il ne pourrait plus voler.
Il ne pourrait même plus aimer.
Il ne pourrait surtout plus vivre.
A quoi bon rester alors ?
Briser de l'intérieur, il le serait aussi de l'extérieur.
Les escaliers qu'il grimpait le menait plus haut, toujours plus haut, encore plus haut.
Il ne pleurait plus.
Ses yeux étaient secs.
Vidés.
Les marches disparurent, avalées par une terrasse, un grand toit, plat, plein d'une eau stagnante et lisse.
Ses pas s'arrétèrent tout au bord de se toit qui surplombait une ville inconnue qui lentement, très lentement s'éveillait.
Il sentit la caresse de l'aube sur sa peau glacé.
La nuit se cachait.
La lune était partie.
La pluie avait cessée.
Nul ne verrait ce qu'il allait se passer.
Nul ne saurait.
On ne l'apprendrais..
Qu'après
Plus tard.
Trop tard...
Ses cheveux s'ébouriffèrent sous un vent doux et délicat, comme parfumé...
Délicieux...
Son sourire ce fit franc, presque chaleureux.
Ses yeux graves englobèrent une dernières fois cette ville qu'il ne connaissait pas, que les premiers rayons du soleil tapissaient de rose et d'ocre.
Les paupières closes, la tête renversée vers le ciel, savourant cet instant parfait, il inspira profondément.
Ses grandes ailes abimées s'ouvrirent d'elles mêmes.
Il plongea.
Dans cette délivrance dont il avait tant besoin,
Dans cette vague de bien être qui lui procura l'air contre sa peau fraiche,
Vers cette autre partie de lui,
Sa moitié,
Son autre aile peut être.
Vers Lui...
On pouvait bien lui avoir coupé les ailes,
Il restait les siennes...

Fin
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Dim 29 Avr - 12:38

Préhistoire :


Geogreuh trimbalait sur son épaule, un Beul hululant de douleur, tel un paquet de viande fraîche.
Son paquetage hirsute semblait souffrir mille douleurs et braillait à qui mieux son désarois et sa peine.
Si la grotte n'avait pas été si proche, assurèment que Geogreuh l'aurait baffé, juste pour qu'il se taise un peu.
Il lachat le bléssé brusquement, à l'entrée de la grotte, qui s'effondra au sol dans un bruit sourd et un nouveau gémissement.
Le pauvre petit animal haletait comme s'il allait mettre bas.
Sans un regard de plus vers le paquet tremblant et frémissant à ses pieds, Geogreuh l'emjamba et grogna à l'attention d'un jeune endormis affalé à côté du feu.
Ce dernier s'empressa de se relever et de fuire à toute jambe vers l'intérieur de la grotte en glapissant comme une renard traqué.
Georgreuh soupira et rapporta son attention sur Beul qui gémissait toujours de douleur en se tordant ,tel un serpent, sur le sable de la grotte, son bras droit étroitement sérré contre lui.
Et s'il l'empêchait de se plaindre ?
Parce qu'il en avait un peu marre,là, le Georgreuh.
Déjà qu'il ne surportait pas Beul d'habitude mais là...
Il s'est levé, le premier gourdin qu'il avait trouvé, à la main, résolu à mettre fin à ses souffrance et à l'achever, mais un grondement rauque l'arrêta d'un geste.
Il défia du regard le nouveau venu, le même que Beul en encore moins bien coiffé, de gros tas de poil pendant de chaque côté de son visage qui accourait, paniqué, une vague peau de bête à la main.
Dédaigneusement, Geogreuh retourna prés du feu, pendant que le nouveau venu, Taum, voletait comme un papillon autour de son frère, soupires et gémissements de compassion à l'appuie.
Y'avait pas à dire, ces deux là étaiient les plus chiant de la tribu.
Pourquoi avait-il fallu qu'on lui désigne Beul comme apprentit pour la chasse ?
Il n'avait besoin de personne.
Surtout pas d'un truc non identifié, non copulable, qui se lamentait à longueur de temps et qui sursautait comme une biche appeurée au moindre bruit un peu bizzare...
Si seulement il était resté couché comme Geogreuh lui avait sifflé de le faire, au lieu de courire comme un dératé en entendant le bison arriver...
Evidement...
Un truc qui court, affolé, ça attire le regard.
après il fallait pas se plaindre s'il c'était fait piètiner...
Geogreuh hocha la tête, il y était pour rien...
Beul jappa à nouveau quand son frère voulu approcher son bras, qui virrait à un bleu nuit assez inquiétant.
Exaspérant.
Décidement, les gémissements d'à côtés lui sortait par lex yeux.
Geogreuh jeta un coup d'oeil aux jumeaux enlacés et renifla de dédain.
Il gratta sa longue chevelure poisseuse en cherchant des yeux son amis, Guüs, a travers toute la caverne.
On venait voir ce qu'il se passait.
Les femelles surtout.
En particulier les jeunes, qui trépignaient à quelques pas, pour glaner quelques images de leur jumeaux.
Geogreuh soupira suffisament fort pour en effrayées quelques unes, mais il n'eut droit qu'à des regard noirs et à quelques grondements autoritaires.
Il trouvait injuste, que Taum et Beul attirent toute l'attention de groupe juste parce qu'ils étaient jumeaux, et qu'ils avaient survécus, les deux.
Alors que lui.
Geogreuh.
Il était fort, il était musclé, il savait chasser, se cacher, rentrer en vie et sain et sauf...
Mais on ne voulait pas de lui.
Juste... Les jumeaux.
Mais ils avaient quoi de plus ???
Ils n'étaient pas fort, même les deux contre lui, il les massacrerait.
Ils ne faisaient rien de leur journée de toute façon, ils ne savaient rien faire, sauf jouer avec leurs dernières conquêtes, dans le fond de la caverne.
Les rires et les cris qu'on percevait parfois, en échos à leur 'jeu', avaient le don de mettre Geogreuh hors-de lui.
Pourquoi il e pouvait pas le faire lui aussi ?
Guüs se pointa enfin, un couple de lapin dans chaque main, et deux supplémentaires, attachés par les oreilles passé en bandouillères.
Guüs était un type bien.
Le chasseur parfait.
Le super pote.
Le cuisto du clan.
Bref il savait tout faire.
Seule ombre au tableau, il adorait les jumeaux.
En deux trois grognements et gestes suggestifs, Geogreuh lui compta l'histoire et lui expliqua le problème.
Et comme Guüs savait toujours soigner tout le monde, il pourrait enfin faire taire les deux geignardes et ça ne serais pas plus mal.
Taum se pâmait de douleur, comme si c'était lui le bléssé, en serrant tout contre son petit corps, son frangin en larmes.
Pitoyable.
C'étaient pas des hommes.
impossible.
Un homme ne pleurniche pas, il ne se plaind pas, il ne geint pas.
Un homme est fort !
Guüs s'emporta très vite.
On avait bléssé beul !
Qui ? Où ? Comment ? Pourquoi geogreuh n'avait-il rien fait ??
Ce dernier ce contenta d'un haussement d'épaule et d'un reniflement dédaingneux.
On ne lui avait pas confié le garde de Beul quand même.
Il n'y était pour rien si cet empoté ne savait rien faire correctement.
Il n'avait qu'à écouter ce qu'on lui disait de faire, après tout le bison ne l'aurait pas courser si...
Un bison ? mugit Guüs au comble de l'horreur.
Il allait réduire en charpie ce bison qui avait osé faire ça à Beul !!
Et toutes les jeunes femelles du clan d'hocher la tête avec conviction.
Quelle corvée ces jumeaux...
Sur ce Guüus s'approche à son tour des jumeaux.
Envoyant balader pour la même occasion une foule de femelles en larmes.
Il joue des muscles et finis par toutes les virer.
il grogne, montre les dents.
Il veut de la place, de l'espace !
En gros, faut bouger de là.
Et comme c'est Guüs, tout le monde le fait.
Y'a pas de raison, il a toujours raison.
Geogreuh se dit que si lui l'avait fait, personne l'aurait écouter.
Au pire il se serait pris des coups, des baffes, des taquets.
Au mieux on l'aurait juste ignorer.
Geogreuh veut être Guüs.
Ou même un des jumeaux.
Il est pas regardant.
En parlant de ça.
Il se jette un rapide coups d'oeil.
Velu, musclé, brun, pas franchement repoussant avec sa fourure de hyène négligemetn tendu sur ses hanches.
Il est classe quoi !
Un nouveau glapissement de Beul le ramène dans la grotte.
Taum a réussi à éloigné de son torse fébrile, le bras de son jumeau.
Bras qui a minimum triplé de volume, et qui teinte vers un très joli noir.
Ca tranche beaucoup avec le teinte on ne peut plus pâle du visage de détenteur du bras.
Et ses yeux noir qu'il s'amuse à passé au charbon, tout les matins, parce qu'il trouve ça beau.
Et bah le charbon ça coule.
Il a de très belles rigoles noires sur les joues.
Ca aussi ça jure beaucoup avec la blancheur de sa peau.
Les cheveux soleil de Guüs sont si proche du visage crispé de Beul, qu'il doitpouvoir en compter les bestioles qui batifollent dedans.
Il a raison.
Il vaut mieux qu'il ferme les yeux.
Guüs attrapa avec autant de douceur que s'il avait été en coquilles d'oeuf, le poignet de Beul, qui ne put s'empêcher de gémir à nouveau.
Evidement, tous les gens de la tribu se rassemblèrent pour voir ce qu'il se passait, intrigué de voir le Grand Beul couché par terre à gaindre comme s'il mettait bas.
D'un simple geste, Guüs les envoya tous paîtrent.
Il avait besoin de calme et de place pour comprendre et tenter de le soulager.
Geogreuh propose de lui couper le bras, ça ira plus vite, mais Guüs le froudroit de son regard le plus noir qu'il a en stock.
On ne l'abîme pas plus qu'il ne l'ai déjà !
Taum se lamente en berçant son jumeau tout contre lui.
Jumeau qui finissait par être un peu trop pâle, et presque trop silencieux au goût de Geogreuh.
L'homme se leva donc et apporta un peu d'eau du ruisseau, qu'il lança au visage du bléssé.
Cela eut l'effet escompté et bien plus.
Beul ouvrit tout grand ses yeux rouges de larmes en hoquetant de surprise.
Malheureusement, il bougea également son bras, en se relevant à moitié de surprise.
Bras que Guüs tennait toujours entre ses mains.
On entendit un petit craquement et tout de suite après le mugissement de douleur de Beul.
A vous fendre le coeur en deux.
Le bléssé se mordit la lèvre inférieur, jusqu'à ce qu'elle se mette à saigner, et retourna s'appuyer contre son frère en haletant.
Guüs observe avec attention le bras, presque flasque qu'il a dans les mains et lui fait refaire le même mouvement brusque qu'avant.
Nouveau craquement.
Nouveau glapissemet de douleur.
Mais étrangement le bras se dégonfle.
Un peu.
Beul a les yeux exorbités, la bouche en sang, la gorge sans doute très sèche et le front couvert de sueur.
Sa poitrine se soulève de façon très irrégulière, s'en est presque inquiétant.
taum est inquiète en tout cas.
Il couine comme un souris en se vidant de son eau par les yeux.
Du menton, Guüs indique à Geogreuh que Beul doit boire.
Non sans grogner que quelques femelles du groupe pourraient bien le faire à sa place, qu'il n'est pas le porteur d'eau mais un homme fort et virile, le chasseur va de nouveau puiser de l'eau.
Cette fois il ne la jette pas, il la fais doucement couler dans la gorge du bléssé.
Les yeux de Beul papillonnent.
Ca doit lui faire du bien.
Guüs réitère son geste tout aussi soudainement que les deux autres fois.
encore un craquement.
De l'eau qui vole, en particulier sur Geogrueh.
Et Beul qui s'étouffe à moitié, qui hésite entre gémir et boire.
Il roule des yeux affolés vers son 'amis' Guüs qui le rassure en lui montrant son bras, qui n'est plus énorme et noir.
Mais d'une jolie couleur violacée et de la taille de la cuisse du bléssé.
Même s'il a mal, très mal, Beul regarde son bras redevenir normal.
Beul regarda son bras avec des yeux éblouis, de gamins devant son premier feu de camps.
Il pouvait bouger un doigt.
Deux.
Tr... AIE !
Il regarda Guüs, son sourcil levé, comme à chaque fois qu'il se posait des questions et qu'il voulait des réponses.
Il ne pensait déjà plus qu'il avait mal, il voulait surtout comprendre.
Guüs haussa ses vastes épaules et empoigna de nouveau le bras de Beul.
Ce dernier grinça et grimaça rien qu'à la pression des doigts sur son épiderme transit de douleur.
Taum était éperdus de tristesse, totalement dépassé par les évènements.
Il se contentait de sangloter en serrant son jumeau, sa moitié, encore plus fort, contre lui, comme s'il voulait lui aspirer sa douleur.
Jusqu'à ce que Geogreuh, aggacé, ne le baffe, lui remettant les idées en place.
Taum lança un vague regard noir à l'auteur de la marque rouge qui ornait sa joue et se réinterressa immédiatement à son frère.
Il remonta la peau de renne pour qu'elle couvre ses épaules tremblantes, et lui souffla doucement à l'oreille.
Beul avait les yeux fièvreux, enivrés de cette douleur contenu et continu.
Guüs hésita avant de recommencer ses soins.
Certes cela semblait marcher, Beul retrouvait peu à peu son bras mais...
Il hurlait à chaque fois.
Ca devenait désagréable pour tout le monde.
Surtout que ses vagissements résonnaient dans toute la grotte.
Il relachât subitement le bras bléssé, qui s'affalla contre son propriétaire dans un nouveau hululement de douleur.
Avisant un petite bout de bois, Guüs le lui carra entre les dents, sans douceur, sans pour autant lui faire trop mal, étouffant la fin du gémissement.
Les yeux de Beul s'éxorbitèrent de surprise.
Ses narines fémirent, mais plus aucun sons de sortait de sa bouche.
Guüs recommença donc son traitement.
Chaque petit craquement arrachait un gargouillit gutural à Beul.
Mais le bras semblait aller mieux.
Au terme d'un très long moment, qui sembla infinis à Beul, Guûs cessa son étrange manège.
Cela faisait trois fois qu'il recommençait mais le bras ne bougeait plus.
Beul était couvert de sueur et tremblait comme un jeune lapin.
Mais il allait mieux.
D'un grognement, assortit d'un mouvement de menton, Guüs indiqua à Geogreuh de prendre Beul et de l'ammener près de la rivière, en contre-bas.
Taum se mit à hurler, comme si on lui arrachait les boyaux.
Cette fois, la marque rouge qui s'imprima sur sa joue, provenait de la main de Guûs.
Assez de gémissements pour la journée, s'il voulait l'accompagner, qu'il y aille, mais il n'était sûrement pas apte à porter son frère.
Taum bomba le torse, gonfla ses muscles, hennissant à qui mieux mieux qu'il pouvait le faire.
D'une simple tape, Geogreuh le ramena sur terre.
Très près du sol même.
Il reprit Beul, comme ils étaient arrivés, en paquetage hirsute sur son épaule et il quitta la grotte.
Geogreuh n'aime pas qu'on le traite ainsi.
Il n'est pas faible.
il n'est pas une femelle.
... Ni même un jumeau.
Il a droit a plus de respect.
Il en exige d'ailleurs, renifle-t-il méprisant.
Beul se balance au rythme de la démarche chaloupé et sauvage de son porteur.
Il s'extasie devant son bras.
Ses doigts gourds et couverts de boue bougent de nouveau quand il le leur demande.
Ces petits cris de joie ont le dont de porter sur les nerfs de Geogreuh, qui a malheureusement liquidé toutes ses maigres réserves de patience.
Arrivé près de la rivière, d'un simple mouvement d'épaule, il se libère de son poids.
Beul ne laisse échapper qu'un vague couinnement de protestation avant de se retrouver les fesse dans l'eau.
Il s'affaisse, la tête la première dans la flotte, puis il s'assied.
Son petit membre endoloris, bien protégé contre son coeur.
De loin, derrière, on entend un mugissement essouflé et effaré.
Taum s'est finalement relevé.
Il est plus rapide que Geogreuh ne le pensait.
En même temps, il n'avait pas taper bien fort.
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Meski
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Dim 29 Avr - 12:40

En même temps, il n'avait pas taper bien fort.
Geogreuh secoue la tête, les yeux au ciel, implorant il ne sait encore quel Dieu de lui venir en aide.
Finalement il soupire et s'assoit près de la petite crique où barbote gaiement un Beul tout heureux.
Taum arrive, exténué.
Il souffle.
Il crache.
Il grogne.
Geogreuh tape fort.
Il marche vite.
Taum n'a pas pu suivre.
Geogreuh s'aurait faire, il lui rirait au nez.
Pour le moment il se contente d'hausser les épaules en jettant un regard au bléssé qui gassouille dans la rivière.
Beul est content.
Il n'a pas vu l'eau de près depuis un peu trop lontemps à son goût.
Mais Taum ne voulait pas.
Ca ne fait pas 'mâle' de se laver trop souvent.
Son vêtement, déjà pas bien attaché, flotte autour de lui, en suivant les mouvement de l'eau.
Déjà qu'il n'est pas bien gros, mais là on voit le jour au travers.
C'est d'ailleurs comme ça que Geogreuh découvre que Beul est bel et bien un mâle.
Etonnant.
Beul glisse doucement son bras bléssé dans l'eau froide.
Avec précaution, comme s'il avait peur de le briser, une nouvelle fois.
Puis il fait glisser de l'eau dessus.
Son bras est toujours violet, mais un peu moins sombre.
Il n'est plus très gros, mais il est très chaud.
Et ça fait mal.
Très mal.
Les cheveux mouillés par son petit plongon se collent à son visage.
Il a une tête de feu de paille crâmé, éteint trop tard.
Taum glousse en le voyant.
Il se souvient de quand il a brûlé les cheveux de Beul.
Avec Guüs.
C'était il n'y a pas si lontemps.
Beul était tellement fière de ses beaux cheveux soleil.
Il n'avait pas aimé les voir noir suie comme maintenant.
De toutes les longeurs, sans forme, juste beaucoup de volume.
Beul fait penser à ses lions qu'on aperçoit de loin, dans la savane, avant de détaler comme un lapin avant de se faire choper une cuisse.
Enfin la il fait surout penser à un ours mouillé.
D'ailleurs il en a le grondement d'avertissement, et le nez retroussé par la fureur.
Geogreuh ne rit pas.
Il ne sait pas faire.
Il regarde surpris, Taum hoqueter de ce son si étrange qui lui est inconnu.
Il ne comprend pas pourquoi il le fait, ni comment.
Alors Geogreuh s'énerve et grogne.
Il a aussi le droit de savoir.
Décidément Georgreuh n'aimait vraiment pas les jumeaux.
Ils étaient trop... Jumeaux, justement !
C'était à croire que Taum était lui aussi passé sous le bison, ou même qu'il avait poussé le bison à le faire, tant il couvait son frère de ses yeux de louve attérée.
Georgreuh grogna.
Il en avait sa claque de ces petits merdeux.
Pourquoi lui refilait-on toujours la garderie ?
Un bruit d'eau.
Un nouveau rire.
Et un coup d'oeil lui apprirent que Taum avait rejoint son frère dans la flotte gelée, et qu'ils s'éclabboussaient, autant que le bras bléssé de Beul le lui permettait.
Des gamins.
Mais bon dieu pourquoi toutes les plus belles femelles du clan et des clans voisins leur faisaient-elles donc les yeux doux ?
Geogreuh était bien plus mâle, bien plus rassurant, protecteur, fort... Viril que c'est deux pauvres résidus mouillés !
Et puis pourquoi il restait d'abord ?
Guüs lui avait juste dit de le conduire à la rivière.
Il y était.
Taum avec lui.
S'il leur arrivait un malheur, serait-ce lui qu'on accuserait ?
Il renacla de dépit.
Bien sur.
Taum s'amusait à enduire le bras bléssé de son frère de boue en prétextant, grognements, couinements et gémissements avenants à l'appuie, que Guüs avait dit que ça le soignerait.
Beul se laissait faire.
Assurément ravis de l'attention que lui portait son frère.
Ni l'un ni l'autre n'était vraiment gros, constata Geogreuh.
Leur peau humides collaient à leur torse menu, moulant les forme de leur corps.
Geogreuh se surprit à penser que Beul aurait bien plus avoir plus de blessures que ça.
Que le bison aurait très bien pu lui écraser autre chose que le bras.
Il soupira.
Taum ne l'aurait pas supporter.
On l'aurait entendu geindre pendant des heures.
Des jours.
Des saisons.
Avant qu'il ne déperisse de tout ça.
Et les femelles fertiles avec.
Peut être avait il eu de la chance, le jumeau.
Tout compte fait, Geogreuh voudrait bien un jumeau.
A deux pour chasser, ramener des femelles...
Ca devait être mieux.
Il aurait du demander ça à sa génitrice depuis lontemps.
Si elle n'était pas partie, en l'abandonnant lâchement, un jour de saison froide, il lui aurait demandé de lui en faire un.
Dommage.
Il regarda à nouveau Taum, tout à la confection du 'plâtre' de son jumeau et Beul qui comptait les cailloux, tout deux en parfaite osmose l'un avec l'autre.
Non vraiment, Geogreuh voulait un jumeau.
Autant qu'il haïssait les deux qui était devant lui
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Meski
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MessageSujet: Re: [Fictions] Meski   Dim 29 Avr - 12:40

Guüs arriva.
En un grognement, il vérifia que tout allait bien.
Geogreuh haussa les épaules.
Les deux gamins se portaient bien.
Guüs eut le même rictus que Taum peu avant lui.
Un sourire parait-il.
Geogreuh ne savait pas faire.
Sa bouche ne remontait pas comme ça, pour faire des plis aux coins et en dessous des yeux.
Il n'avait pas non plus cette drôle d'étincelle dans les yeux.
Comme les premières qui jaillissent lorsqu'on allume les feux.
Geogreuh ne savait pas faire.
Geogreuh était un triste.
Il lui avait toujours manqué quelques chose.
Alors, distraitement, il tapait de son gourdin, qu'il n'avait pas lâché, sur un tronc creux, non loin de là où il était assis.
Guüs contemplait les jumeaux, cette même lueur dansant toujours dans ses yeux.
C'était ça la joie ?
Le plaisir ?
Geogreuh ne savait pas.
Il ne connaissait pas, CA !
Guüs posa ses fesses non loin de Geogreuh et observa à son tour les deux jumeaux.
Taum était débordant d'attention pour son petit frère.
Il se plaisait à fanfaronner qu'il était le plus gand, le plus fort des deux.
Le plus agguicheur aussi.
Derrière, ses yeux noirs et sa chevelure étrange, Beul était un type très calme, très discret, loin des extravagance de son frère.
Guüs se prit à rire au souvenir de Taum, fière comme un paon, dans des peau quatre fois trop grandes pour lui, déambulant et brâmant comme un cerf en chaleur au milieux du clos des femelles.
Toute la tribu c'était beaucoup moqué de lui ce jour là.
Bizzarement, il continuait à porter des vêtements bien trop grand pour lui.
Il ne devait pas avoir bien chaud.
Un couinement suraïgu de Beul le tira de ses songes.
Taum et sa délicatesse légendaire avaient réussis à bloquer le bras bléssé du deuxième laron dans une position pas possible.
Et quoique fasse Taum, Beul aurait mal.
Guüs et Geogreuh soupirèrent et se levèrent en même temps.
Ils entrèrent lentement dans l'eau très fraiche en grognant après Taum, tout penaud, aggripé à son frère hurleur.
En un regard les deux G se comprirent.
Geogreuh ceintura Taum, Guüs attrappa aussi délicatement et fermement qu'il le pouvait le petit Beul gémissant et ensemble ils les écartèrent d'un coup.
On entendit Beul hurler de douleur, Taum de détresse et les jumeaux retombèrent à l'eau en simultané.
Geogreuh en avait marre.
Franchement, là, ces cris d'agonie, ça lui portaient sur les nerfs.
Il partit donc en grognant et en soufflant tout ce qu'il pouvait.
D'abord pourquoi il n'avait pas de jumeau lui ?
Pourquoi il n'avait pas la drôle d'étincelle dans le regard ?
Pourquoi il n'arrivait pas à rire ?
Ou même sourire lui aurait suffit.
Mais son visage était de pierre, il ne voulait pas se tordre dans cet étrange rictus de joie.
Une main se posa presque brutalement sur son épaule, alors aussi vif qu'il le put, il fit volte-face.
Face à lui se trouvait un petit Beul, dégoulinant et tremblotant.
Et voilà que ça recommençait.
Beul semblait triste, sa bouche tombait vers le bas et ses yeux étaient brillant d'eau, presque éteint.
Geogreuh soupira.
Allons bon qu'est-ce qu'il lui voulait encore ?
Beul se dandinna d'un pied sur l'autre en regardant tantôt le sol, tantôt son bras bléssé et souffla brusquement un grondement caverneux.
Il le remerciait ?
Beul remercait Geogreuh ?
Voilà de quoi vous surprendre.
Le sourcils broussailleux de Geogreuh s'envola mais Beul continua de minauder, qu'il ferait n'importe quoi pour s'aquitter de la dette qu'il avait envers lui.
Taum arriva, un peu plus grincheux et un peu plus trempé que son jumeau, mais il marmonnait le même genre de chose.
Ils étaient à jamais reconnaissant à Geogreuh d'avoir permis à Beul de vivre, l'un comme l'autre.
Geogreuh s'interrogea.
Que pouvait bien faire deux petits mioches comme eux, mouillés tels des chatons sous la pluie, pour lui, Geogreuh, homme d'âge certain, viril et hâpte à chasser?
Il repensa à Guüs.
Il savait ce que les deux jumeaux pouvait faire.
Il les regarda étrangement et d'un grongement, typique à son rang supérieur aux leurs, il leur exprima sa requête.
Les deux frères se regardèrent, les yeux ronds comme des lunes puis ils papillonèrent de leur yeux surpris vers Geogreuh.
Il voulait apprendre à rire ?
Geogreuh montra les dents mais hocha la tête.
Il voulait qu'ils lui apprent à rire.

Même de la grotte on entendit les rires de hyènes des deux frères.
Mais aussi leur hululements de peur et de douleur.
Geogreuh n'aimait pas qu'on se moque de lui.


Fin
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